Les joints de pose entre des carreaux de céramique sont les éléments essentiels pour réduire la rigidité d’un revêtement en céramique, dans sa couche la plus externe (celle formée par les carreaux eux-mêmes). Les joints de mouvement sont la solution de construction, multicouche, pour absorber les différents types de contraintes résultant des mouvements générés dans les supports et/ou structures sur lesquels ce système est posé, ou ceux générés en son sein pour différentes raisons.

Les joints de mouvement sont donc des interruptions du revêtement en céramique qui affectent normalement toute la section du système et qui sont remplies d’un matériau déformable en permanence.

Selon leur fonction et leur localisation, nous distinguons les joints : structurels, périphériques et intermédiaires.

Mais quels sont les critères généraux pour positionner correctement les joints de mouvement en fonction de leur typologie ?

JOINTS STRUCTURELS

Ils répondent à la nécessité de diviser le support de base pour éviter l’apparition de fissures incontrôlées.

Schéma : Manuel d'installation PROALSO

Schéma : Manuel d’installation PROALSO

Il s’agit de joints de largeur égale ou supérieure à celle des joints préexistants. Une plus grande largeur viendra en prévision d’efforts supplémentaires à ceux apportés par le support et générés dans le système multicouche du revêtement en céramique.

La largeur doit prévoir quatre fois les mouvements maximaux prévus et ne doit en aucun cas être inférieure à 10 mm. Pour des largeurs plus importantes, il est conseillé d’utiliser des renforts métalliques qui protègent à la fois le matériau d’étanchéité et le bord des carreaux adjacents.

À moins d’utiliser des éléments préfabriqués flexibles couplés à des profilés de protection métalliques, ce type de joint doit être rempli avec un matériau compressible à la profondeur requise du matériau d’étanchéité. Ce matériau compressible ne permettra pas au scellant d’adhérer.

Si le joint doit être scellé directement sur un matériau de remplissage préexistant, une bande de séparation doit être prévue.

Photo : https://www.schluter.es

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Le respect de la largeur et de la disposition d’un joint structurel préexistant rend nécessaire de concevoir l’emplacement des joints restants en fonction de ce joint. De temps en temps, la disposition du motif de joint des carreaux de céramique peut être conditionnée par l’alignement avec un joint structurel.

Un joint de mouvement structurel doit s’enfoncer profondément dans le joint préexistant, bien que des profilés de renfort/protection puissent être ancrés sur une couche de séparation ou sur la base de nivellement.

Pour les joints structurels, la largeur du joint de revêtement en céramique doit correspondre à la largeur indiquée sur le support.

Si les joints préexistants ne sont pas exécutés correctement, s’ils ne sont pas droits et parallèles entre eux ou si leur répartition ne coïncide pas avec le dessin du joint du carrelage en céramique, il faut prévoir une nouvelle disposition de joints qui soit compatible avec les joints existants, cette tâche relevant de la compétence exclusive du prescripteur.

JOINTS PÉRIPHÉRIQUES

Les joints périphériques consistent en la séparation du revêtement en céramique avec des éléments structurels, parements ou cloisons, et ont pour fonction de ne pas compromettre la mobilité du revêtement en céramique ou de prévenir les effets des mouvements de ces éléments sur le carrelage.

Son application doit être étendue à tout élément de construction qui représente une obstruction ou une limitation sérieuse de la mobilité du carrelage en céramique.

Les joints périphériques doivent être situés à tous les points de jonction du revêtement de céramique avec des éléments de construction qui limitent son mouvement ou qui peuvent générer des contraintes sur celui-ci.

Un joint périphérique d’au moins 6 mm de largeur et atteignant au moins la couche de découplage ou de séparation doit toujours être respecté et exécuté.

Compte tenu de la nécessité de réaliser des couches de régularisation, de nivellement ou d’obtention de pentes, des profilés ou des bandes de polystyrène expansé seront disposées pour former le futur joint périphérique de mouvement. Dans de nombreux cas, le polystyrène agira comme matériau de remplissage. Une largeur minimale de 6 mm doit être respectée pour ce type de joint.

Comme l’épaisseur du carreau de céramique et de l’adhésif dépasse largement la largeur minimale de 6 mm, il ne devrait pas y avoir de problème fonctionnel ou esthétique à placer le joint de mouvement périphérique sous la plinthe ou le carreau de céramique. Un bon scellage sur le matériau de remplissage donnera une finition optimale.

Le carreau de céramique du revêtement ou la pièce qui sert de socle ou de plinthe doit toujours être posée légèrement sur le revêtement de céramique pour des raisons évidentes : ne pas entraver le mouvement et éviter les ponts acoustiques.

Dans le cas des carrelages en céramique, les mêmes spécifications s’appliquent que pour les joints périphériques sur les revêtements de sol. Au niveau des jonctions entre les parements et les cloisons, un joint de mouvement doit être respecté dans les surfaces supérieures à 10 m2, lorsque des mouvements sont prévus dans le support ou en raison des conditions environnementales ou d’utilisation.

Il faut tenir compte du fait que les joints périphériques de jonction entre les parements contribuent également de manière décisive à l’isolation acoustique, c’est pourquoi nous recommandons de les inclure dans tous les cas.

Photos : https://www.schluter.es

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Dans le cas de revêtements en céramique d’une surface inférieure à 10 m2, les joints périphériques peuvent être supprimés si l’on considère que l’hygiène, l’imperméabilité ou l’esthétique du carrelage peuvent être diminuées. Dans ce cas, le carreau de céramique doit se trouver à une distance minimale de 5 mm de l’élément de construction qui délimite sa mobilité potentielle.

JOINTS INTERMÉDIAIRES

Les joints intermédiaires consistent à subdiviser en panneaux, d’une superficie moindre, l’ensemble du carrelage céramique, de sorte que chaque panneau puisse avoir un bon comportement face à ses propres mouvements ou à des mouvements étranges.

Ces joints de mouvement doivent être considérés pour tous les types de planchers extérieurs d’une longueur ou d’une largeur supérieure à 10 m. Ils doivent être exécutés tous les 4,5 à 5 m linéaires, en formant des panneaux dont la surface ne dépasse pas 25 m2.

Cette disposition doit être respectée dans les planchers intérieurs à chauffage radiant, les planchers intérieurs soumis à la lumière du soleil, aux charges dynamiques ou statiques d’entité, ou aux mouvements dérivés de la structure ou des supports.

Schéma : Manuel d'installation PROALSO

Schéma : Manuel d’installation PROALSO

Sur de grandes surfaces, il est pratique de diviser le revêtement en panneaux de 24 à 30 m de côté, avec des joints de mouvement dimensionnés en largeur et en profondeur de façon à pouvoir absorber les contraintes dérivées de la structure et des supports, en subdivisant chaque panneau en quadrillages de 8 à 10 m de côté avec des joints de 6 mm de largeur et ayant une profondeur atteignant la couche de séparation, qui recevront les contraintes locales dans chaque panneau. Une telle disposition permet de réduire la largeur des joints intermédiaires des panneaux et de masquer les joints de mouvement du quadrillage avec les joints de pose.

Étant donné qu’une grande surface est généralement associée à des conditions d’utilisation contraignantes, les joints intermédiaires doivent être couplés aux joints structuraux formant un véritable réseau de cloisons qui devra être défini dans toutes ses variables dès la phase de projet.

Dans le reste des revêtements intérieurs, des joints de mouvement intermédiaires doivent être prévus tous les 8 à 10 mètres linéaires. Ces joints intermédiaires doivent atteindre au moins la couche de nivellement.

Photo : https://www.schluter.es

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Pour les revêtements en céramique, les mêmes spécifications que pour les revêtements de sol s’appliquent.

Une attention particulière doit être accordée à la conception des joints de mouvement dans les revêtements extérieurs où, en fonction du degré d’ensoleillement, des mouvements attendus et des conditions climatiques, des joints verticaux devront être disposés tous les 3,5 à 5 mètres linéaires, formant un quadrillage avec les joints structurels et, le cas échéant, les joints périphériques.

Il s’agit toujours de joints d’une largeur minimale de 10 mm et d’une profondeur allant jusqu’au support.

Photo : https://www.schluter.es

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Il est conseillé de combiner deux types de joints intermédiaires : certains dimensionnés jusqu’aux supports, avec une protection mécanique, et d’autres jusqu’à la couche de nivellement ou de séparation, le cas échéant, de largeur plus étroite et sans protection mécanique.

Grâce à cette disposition en quadrillage, il est possible de fractionner le motif des joints dans les panneaux à la surface régulière, en répartissant ainsi les contraintes de façon stratifiée. Dans des conditions normales, il est recommandé de diviser le revêtement céramique en panneaux de 40 m2 (par ex. 8 x 5 m).

Il s’agit des critères généraux pour la disposition correcte des joints de mouvement, en fonction de leur type.

Certaines modifications peuvent devoir être prises en compte en fonction, toujours, du pays dans lequel nous nous trouvons et de sa réglementation particulière, s’il y a lieu.

Dans le cas de l’Espagne, par exemple, nous nous référerons toujours aux dispositions de la norme UNE-138002: 2017.

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